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Le mot du Président
Février 2012
We can do it !
We can do it ! Nous pouvons le faire ! Ce slogan, célèbre aux USA durant la seconde guerre mondiale, alors qu'il s'agissait de mobiliser tout le pays dans un immense effort (repris par ailleurs à peine différemment par le Président Obama durant sa campagne à l'élection présidentielle - Yes, we can!), est emblématique de ce que volonté, imagination, enthousiasme et passion peuvent réaliser pour bousculer la routine, les idées reçues, le fatalisme... et soulever des montagnes.
J'ai rédigé précédemment plusieurs éditoriaux, relatifs aux dérives constatées de la part d'une part des constructeurs européens en matière d'appareils construits de moins en moins en phase avec la réglementation ULM française. Mon propos est de répéter, une fois de plus, qu'il est possible de voler avec des ULM de belle facture, aux performances intéressantes, qui respectent la réglementation, et à un prix encore « raisonnable ».
Pour prendre le pas sur la tendance à la course à l'armement, à la recherche de la vitesse à tout prix et à une allonge phénoménale, il faut simplement réunir deux éléments :
Que les pilotes souhaitent, réclament et achètent de tels appareils, simples, ludiques, assez performants néanmoins et respectant l’enveloppe réglementaire. Que les constructeurs et ingénieurs aient la volonté de faire les efforts nécessaires en termes de recherches et d’application de techniques modernes propres à mettre à notre disposition de tels appareils.
Que l'on ne vienne surtout pas nous dire que ce n'est pas ou plus possible, comme je l'entends trop souvent. Parce que de tels ULM existent bel et bien déjà sur le marché ! Et ils suscitent un réel intérêt. Car l'un d'eux tient ces temps-ci particulièrement la vedette dans divers magazines aéronautiques : le JODEL D11 UL. À juste titre, car il est le fruit d'une symbiose entre recette ancienne éprouvée et utilisation de techniques et de matériaux modernes. Ce que son constructeur (amateur très expérimenté, certes !), Jean Cosnard, a pu réaliser à force de volonté, d'enthousiasme et d'intelligence, animé de bout en bout de sa réalisation par « l'esprit » ULM, il n'y a aucune raison pour que des industriels ne puissent l'imaginer et le réaliser eux aussi.
Ce Jodel D11 UL, que Jean est prêt à reproduire à la demande, est construit sur la base d'une cellule inventée il y a 60 ans, mais doté d'un moteur « moderne », un UL Power 260 i (injection) de 90 ch. Il peut voler à 200km/h en croisière, décroche à 64 km/h avec 3 crans de volet à la charge maxi de 472,5 kg, décolle en 156 m et atterrit en 150 m. Il pèse 285 kg à vide avec tous les instruments et le parachute. Jean annonce pouvoir encore gagner 9 kg ! Avec une consommation de 13l/h nous voici bien, avec cette alliance de l'ancien et du moderne, en présence d'un « vrai » ULM.
Si vous passez par le terrain de Sisteron (LFNS) n'hésitez pas à demander à Jean de vous montrer son « bébé »; il en est fier, à juste raison.
We can do it ! Nous pouvons le faire ! Le D11 UL en est une des preuves flagrantes. Soyons réalistes, soyons militants et arrêtons de nous lamenter sur ce que nous appelons les « dérives ». C'est à nous d'exiger de nos constructeurs les appareils avec lesquels nous voulons voler. Ce devrait être d'autant plus aisé dans l'avenir, pour nous, pilotes d'ULM, que les tenants du plus lourd, plus puissant et plus rapide (c'est tout à fait leur droit) auront bientôt tout le loisir de se tourner vers les LSA. Quant à nous, encourageons certes toujours le progrès, mais exigeons le respect des enveloppes réglementaires... c'est le seul véritable argument qui, pour toute l'Europe, nous permettra de conserver notre réglementation spécifique.
Bons Vols Dominique Méreuze Président de la FFPLUM
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